Détenir plus de 10 000 euros en espèces lors d’un passage de frontière européenne impose une déclaration obligatoire auprès des autorités douanières, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la confiscation des fonds et d’une amende équivalente à 50 % du montant non déclaré. Cette obligation concerne aussi bien les transferts vers l’étranger que les retours sur le territoire français.
En France, la loi ne fait aucune distinction : particuliers et entreprises sont logés à la même enseigne, indépendamment du moyen de transport choisi. Les transferts entre pays membres de l’Union européenne ne sont pas exempts de formalités, bien au contraire : des règles spécifiques existent, mais restent souvent ignorées des voyageurs et des professionnels.
Argent liquide : ce que dit la loi en France en 2025
En 2025, le code monétaire et financier encadre strictement le transport, la détention et l’utilisation de montants élevés en argent liquide. Qu’il s’agisse de billets, pièces, chèques au porteur, chèques de voyage, mandats, or, cartes prépayées ou instruments négociables, toute personne, physique ou morale, est tenue de déclarer à la douane tout transport d’au moins 10 000 euros. Ce seuil concerne aussi bien les déplacements à l’intérieur de l’Union européenne que ceux vers ou depuis les DOM-COM.
Voici les principales obligations à respecter :
- Déclaration obligatoire : dès que le montant transporté ou expédié atteint ou dépasse 10 000 euros, y compris pour une famille qui voyage ensemble : une seule déclaration pour l’ensemble.
- Justificatif de provenance : pour toute somme de 50 000 euros ou plus, il faut pouvoir justifier l’origine des fonds (relevé bancaire, acte de vente, contrat, attestation sur l’honneur, etc.).
Le plafond du paiement en espèces reste fixé à 1 000 euros pour les résidents fiscaux et les professionnels, contre 15 000 euros pour les non-résidents. Entre particuliers, le règlement demeure libre, à condition qu’une facture ou un acte de vente accompagne toute opération dépassant 1 500 euros. Un commerçant garde le droit de refuser le paiement en espèces, notamment si le nombre de pièces dépasse 50 ou si le billet présenté est d’une valeur inhabituelle.
La définition d’argent liquide s’étend bien au-delà des seuls billets : cartes prépayées, bons de caisse anonymes, jetons de casino, effets de commerce non domiciliés sont également concernés et soumis à déclaration. Les contrôles douaniers n’hésitent pas à interroger sur l’origine des fonds à tout moment, que ce soit lors d’un passage de frontière ou sur le territoire national.
Quels montants pouvez-vous transporter sans déclaration ?
Le seuil à retenir est simple : 10 000 euros. Tant que vous ne dépassez pas ce montant, aucune formalité n’est imposée pour vos déplacements, que vous soyez particulier, professionnel ou représentant d’association. Ce seuil englobe l’ensemble des espèces et valeurs assimilées : billets, pièces, chèques au porteur, cartes prépayées, or ou tout autre instrument négociable.
Il convient toutefois de rester attentif lorsqu’on voyage en groupe ou en famille. Le montant transporté est cumulé pour l’ensemble des membres. Par exemple : si une famille de cinq personnes transporte au total 11 000 euros (même si chacun ne porte que 2 200 euros), la déclaration s’impose pour tout le groupe. Une déclaration commune doit alors être effectuée. Négliger cette démarche, intentionnellement ou non, expose systématiquement à de fortes sanctions.
Les transferts de grosses sommes d’argent liquide par fret ou par courrier sont soumis aux mêmes obligations : expéditeurs et destinataires doivent déclarer tout envoi dès lors que le seuil est franchi. Outre-mer, les DOM-COM appliquent la même règle, avec parfois des adaptations locales ou des formulaires spécifiques selon la collectivité traversée.
Transporter jusqu’à 9 999 euros en liquide ne requiert donc aucune démarche particulière, ni en France, ni vers l’outre-mer, ni dans l’espace Schengen. Cela dit, la douane garde toujours la main pour contrôler ou demander des explications sur l’origine et la destination des fonds, même en dessous du seuil, si un doute persiste quant à leur provenance.
Passage de frontières : quelles règles spécifiques pour l’Union européenne et l’international ?
Pour tout passage de frontière avec une grosse somme d’argent liquide, la déclaration devient inévitable à partir de 10 000 euros. Cette obligation concerne autant les sorties que les entrées sur le territoire français, que vous voyagiez vers un pays hors Union européenne ou vers Monaco. Désormais, le service DALIA permet d’effectuer cette déclaration en ligne avant votre arrivée à la douane, ou directement auprès des agents au poste frontière. Si vous transportez de l’argent pour le compte d’un tiers, l’identité du propriétaire doit être précisée dans le formulaire.
À l’intérieur de l’Union européenne, le seuil de 10 000 euros s’applique également, mais chaque pays peut fixer ses propres limites pour l’usage quotidien de l’argent liquide. Voici quelques exemples concrets :
- En Belgique, le plafond est de 3 000 euros pour l’achat de biens et services, et de 500 euros pour certains métaux précieux.
- Au Portugal, la limite est de 1 000 euros pour les résidents, mais grimpe à 10 000 euros pour les non-résidents.
En Belgique, tout paiement en liquide est interdit pour l’achat de biens immobiliers.
Tous les instruments assimilés à l’argent liquide sont concernés par l’obligation de déclaration : espèces (billets, pièces), chèques au porteur, cartes prépayées, et or sous forme de lingots ou de pièces. Les douanes sont particulièrement vigilantes sur la provenance et la destination de ces fonds, dans la lutte contre le blanchiment et les circuits financiers illégaux. Le défaut de déclaration entraîne des mesures immédiates, dont la saisie pure et simple des sommes transportées.
Sanctions et contrôles : à quoi s’expose-t-on en cas de non-respect des obligations ?
Au moindre contrôle douanier, l’improvisation n’a aucune place. Les agents disposent de tous les moyens nécessaires : fouille minutieuse des bagages, inspection des véhicules, vérification des effets personnels. Un contrôle peut survenir à tout moment, même si la somme en question reste inférieure au seuil légal, dès lors qu’un doute existe sur l’origine ou l’usage de l’argent. Les chiens spécialisés repèrent les grosses quantités d’argent liquide sans difficulté.
Ne pas déclarer ou effectuer une déclaration incomplète expose à des sanctions immédiates et sévères. L’amende administrative peut grimper jusqu’à la moitié de la somme non déclarée. Les agents saisissent alors systématiquement l’intégralité des fonds concernés. En cas de fausse déclaration, l’enquête va plus loin : origine des fonds, circuits financiers, et signalement au parquet pour infraction au code monétaire et financier.
En France, un contrôle fiscal s’ajoute souvent au dispositif douanier : un redressement d’impôt, augmenté d’une pénalité, frappe les sommes issues d’une activité dissimulée ou d’une fraude. Famille, particulier, professionnel ou association : aucune catégorie n’est épargnée dès que le seuil de 10 000 euros est atteint. Les entreprises sont également concernées, que le transport se fasse en main propre, par fret ou via un courrier sécurisé.
Les contrôles ne se limitent pas aux espèces : chèques de voyage, mandats, or, cartes prépayées, valeurs mobilières sont aussi dans le viseur. Transparence et traçabilité guident l’action des autorités, pour tarir les flux illicites et protéger l’intégrité du système financier.
Voyager avec une grosse somme d’argent liquide, c’est s’exposer à un contrôle strict et à la nécessité de prouver la légitimité de chaque euro. Un simple oubli peut transformer un trajet ordinaire en parcours semé d’embûches. Mieux vaut connaître les règles sur le bout des doigts, car à la frontière, la tolérance n’existe pas.


