Fiabilité Range Rover : Les raisons d’une réputation discutable

Les rappels de Range Rover affichent une fréquence supérieure à la moyenne du segment premium depuis plus d’une décennie. Selon les données de l’UFC-Que Choisir, certains millésimes de la marque cumulent des taux d’incidents mécaniques dépassant 30 % sur les cinq premières années.

Cette constance place certains modèles en marge des standards attendus pour une voiture haut de gamme. Pourtant, la demande sur le marché de l’occasion reste soutenue, malgré des bilans techniques qui interrogent.

Une réputation de fiabilité en question chez Range Rover

Impossible de passer à côté : la fiabilité Range Rover déclenche des débats enflammés et suscite la prudence. Land Rover, cette marque britannique au blason reconnu, propriété du groupe JLR (Jaguar Land Rover), peine à dissiper l’image d’une mécanique parfois défaillante. Les classements annuels JD Power ne laissent que peu de place au doute : Land Rover et Range Rover figurent régulièrement tout en bas du palmarès en matière de fiabilité. Année après année, la marque traîne une série de problèmes persistants et de pannes qui semblent trouver difficilement leur solution.

Certains modèles concentrent l’essentiel des critiques. Prenons le Range Rover Evoque : ce SUV compact, pourtant très couru, fait figure de mauvais élève selon de nombreux retours d’utilisateurs. Les classements JD Power ou Consumer Reports l’installent systématiquement parmi les moins fiables de sa catégorie : pannes électroniques, soucis de distribution, consommation d’huile excessive, bugs du système multimédia sont régulièrement évoqués. Même le récent Range Rover Velar, encensé pour son design, n’échappe pas à la série noire : casses moteur précoces et défaillances de la suspension pneumatique ternissent la fiche technique.

Pour redresser la barre, Land Rover a étendu sa garantie constructeur à 5 ans ou 150 000 km. Une évolution saluée sur le papier, mais qui ne suffit pas à rassurer tout le monde. Sur le marché de l’occasion, la valeur de revente reste sous pression, conséquence directe des problèmes de fiabilité accumulés et de l’avis souvent réservé des connaisseurs. Aujourd’hui, tout acquéreur averti consulte les historiques d’entretien, épluche chaque bulletin de rappel et ne s’en tient plus à l’aura du badge.

Quels modèles d’occasion sont les plus concernés en 2025 ?

En 2025, sur le front des voitures d’occasion, quelques modèles Range Rover se distinguent par des interrogations récurrentes autour de leur fiabilité. Le Range Rover Evoque, notamment en version diesel 2.0L Ingenium (2015-2018), concentre les alertes : chaîne de distribution peu endurante, turbo fragile avant 100 000 km, FAP et EGR sujets à l’encrassement prématuré. Les propriétaires remontent aussi de nombreux bugs électroniques du système InControl Touch Pro, tandis que la boîte automatique ZF à 9 rapports n’est pas exempte d’à-coups. Côté budget, l’entretien annuel oscille entre 1 200 et 1 800 euros, ce qui pèse pour un véhicule de cette gamme.

Le Range Rover Velar, apparu en 2017 et partageant sa plateforme avec la Jaguar F-Pace, s’affiche en occasion dès 43 000 euros en diesel, 47 000 euros en essence et grimpe jusqu’à 100 000 euros pour certaines versions hybrides rechargeables. Cependant, il n’échappe pas aux défauts : casses moteur sur les diesels, suspension pneumatique capricieuse, pannes de turbo et problèmes de filtre à particules. Même les modèles récents ne sont pas épargnés par des alertes électroniques fantômes ou des ratés du système multimédia.

Voici un aperçu des versions les plus fréquemment concernées :

  • Range Rover Evoque diesel 2.0L Ingenium (2015-2018) : tendance à accumuler les pannes, transmission qui laisse parfois à désirer.
  • Range Rover Velar diesel : risques accrus de pépins mécaniques, réparations onéreuses.
  • Modèles hybrides rechargeables : prix élevé sur le marché de l’occasion, électronique à surveiller de près.

Les Evoque de première génération dotés du moteur diesel 2.2L Ford/PSA (2011-2015) affichent une fiabilité supérieure, mais leur décote reste rapide et l’entretien, lui, jamais bon marché. Choisir un Range Rover d’occasion implique donc de s’attarder sur l’historique, la motorisation et le suivi technique, sous peine d’y laisser bien plus qu’un billet.

Pannes récurrentes et faiblesses techniques : ce que révèlent les retours d’expérience

Les Range Rover cumulent les signalements de défaillances, qu’il s’agisse de soucis mécaniques bien identifiés ou de pannes électroniques parfois déroutantes. Même les générations récentes ne sont pas à l’abri. Sur le Range Rover Velar, par exemple, les casses moteur sur les versions diesel touchent autant les quatre que les six cylindres. Les problèmes de turbo, l’encrassement rapide du FAP, la suspension pneumatique qui flanche et les bugs du système multimédia composent un cocktail peu rassurant. Plusieurs propriétaires évoquent aussi des alertes fantômes au tableau de bord, des dysfonctionnements de capteurs ou la défaillance précoce de la rotule de direction.

Pour résumer, voici les faiblesses signalées le plus souvent :

  • Moteurs diesel : tendance à consommer de l’huile, distribution fragile, injecteurs parfois à remplacer prématurément.
  • Système de freinage : disques qui s’usent vite, étriers arrière sujets au grippage.
  • Bugs électroniques : écran tactile lent, capteurs et caméras peu fiables, incidents sur le démarrage sans clé.

L’Evoque n’est pas en reste. Le moteur diesel 2.0L Ingenium (2015-2018) se montre vulnérable : chaîne de distribution qui ne tient pas la distance, turbo qui lâche avant 100 000 km, système EGR qui s’encrasse vite, fuites de liquide de refroidissement. La boîte automatique ZF 9 rapports, quant à elle, multiplie les passages de vitesses hésitants. Résultat : des frais d’entretien qui s’envolent, avec des montants annuels pouvant atteindre 1 800 euros. Beaucoup d’utilisateurs le constatent : la solidité vantée par d’autres marques reste difficile à retrouver chez Range Rover.

Jeune femme dans l SUV regarde le tableau de bord

Comment limiter les risques avant d’acheter un Range Rover d’occasion ?

Face à la liste des problèmes de fiabilité recensés sur les Range Rover, aborder l’achat en occasion demande rigueur et vigilance. Optez en priorité pour un modèle encore couvert par la garantie constructeur : depuis 2023, elle s’étend à cinq ans ou 150 000 km, ce qui n’est pas négligeable compte tenu des dysfonctionnements parfois relevés sur la mécanique, l’électronique ou la transmission. Pour l’Evoque, il vaut mieux éviter les diesels Ingenium 2.0L produits entre 2015 et 2018, régulièrement pointés pour les casses moteur et les soucis de distribution. Privilégiez plutôt les versions à moteur 2.2L Ford/PSA (2011-2015), généralement plus fiables.

Quelques précautions s’imposent avant de signer :

  • Inspection pré-achat : faites examiner le véhicule par un spécialiste indépendant ou un atelier Land Rover. Un diagnostic électronique complet permet de repérer les éventuels bugs du système multimédia, les alertes inopinées ou les défaillances de capteurs.
  • Historique d’entretien : demandez toutes les factures et vérifiez que chaque intervention figure bien sur le carnet. Un suivi sans faille limite les mauvaises surprises.
  • Essai routier : soyez attentif à la douceur des passages de rapports (notamment sur la boîte ZF 9HP), écoutez la suspension pneumatique et testez le fonctionnement du démarrage sans clé.

Lors des opérations majeures (turbo, pompe à eau, freins), assurez-vous que les pièces remplacées sont d’origine. Une vidange de boîte automatique, souvent négligée, peut allonger la durée de vie de la transmission. Pour les modèles hybrides ou ceux affichant une valeur de revente élevée, une expertise complémentaire sur la batterie et les organes électriques s’avère judicieuse. Rester attentif à ces points, c’est s’offrir une chance de savourer le prestige sans en subir les revers. Le verdict Range Rover ? À chacun de juger, en connaissance de cause.

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